Newsletter #3 Les Biens Communs

EDITORIAL

Le confinement nous oblige à repenser la façon dont nous nous organisons pour la vie quotidienne. Malgré ce que nous a dit notre Président de la République, Nous n’avons cependant pas , comme pour certains pays qui sont en guerre, à nous préoccuper de notre approvisionnement en eau, notre alimentation en électricité…

A travers, le besoin de se procurer de la nourriture et des produits de première nécessité, nous remarquons que la pénurie peut rapidement se faire sentir et mettre en difficulté les producteurs locaux. Cela peut devenir angoissant de ne plus trouver en rayon les produits que nous avons l’habitude de consommer ou de voir les magasins, autre qu’alimentaire, fermés.

Nous devons, aujourd’hui, nous interroger sur nos modèles économiques, nos dépendances à des pays éloignés, à des entreprises privées pour faire face à nos besoins primaires.

Certaines communes ont décidé de remunicipaliser certains services en régie, de soutenir des coopératives ou la mise en place de circuits courts pour les producteurs locaux.

Plus que jamais, nous nous devons de mettre ces questions sur la table et de favoriser les débats pour co construire des solutions qui nous permettront d’être mieux à-même de  faire face aux crises qui sont inhérentes à nos sociétés.

Élisabeth JANVIER

Tête de liste « Concarneau Solidaire et Durable »

 

Crise sanitaire et autonomie alimentaire

Par Julie Dupuy

A chaque crise majeure s’agite le spectre de la pénurie. La crise sanitaire d’aujourd’hui n’échappe pas à la règle. Dès lors, la relocalisation des productions agricoles, respectueuses de la biodiversité et des humains, n’apparaît plus forcément comme une utopie.

Ce moment particulièrement difficile nous offre paradoxalement l’opportunité de réfléchir et d’agir pour développer une souveraineté alimentaire locale, avec les citoyen.ne.s, en priorisant l’agriculture paysanne, créatrice d’emplois et de lien social, et les circuits courts (AMAP, magasins de producteurs, marchés…)

Sans terre agricole, pas de paysans, pas d’agriculture de proximité et donc nulle autonomie alimentaire pour une ville ou un territoire. Chaque semaine, en France, 200 fermes disparaissent, chaque année, plus de 50 000 hectares de terres agricoles sont artificialisés. Concarneau n’échappe pas à cette réalité : entre 2009 et 2017, la surface agricole utile a été presque divisée par deux, passant de 1273 à 760 Ha.

Pourtant, les terres aménageables sont souvent les meilleures terres agricoles, d’où la nécessité d’une sobriété en matière d’urbanisme pour les préserver et en limiter la consommation. Une politique locale d’urbanisme volontariste peut ainsi freiner l’étalement urbain dédié à l’habitat ou aux zones commerciales.

Pour faciliter l’accès au foncier et freiner la diminution des terres agricoles, de nombreux dispositifs existent. La création d’une régie municipale agricole, le développement de l’agriculture urbaine (jardins partagés, éco pâturage…) peuvent répondre à ces aspirations. D’autres outils peuvent être mis en œuvre : droit de préemption sur les Aires d’alimentation de captage d’eau (loi AAC), élaboration d’un Projet Alimentaire Territorial, structures foncières appropriées, etc. Autant de portes d’entrées dans la transition écologique pour les communes ou les agglomérations.

 

Les collectivités disposent ainsi des moyens de faciliter l’accès aux terres agricoles pour des paysans qui peuvent vivre de leurs productions via la vente directe et proposer ainsi aux habitant.e.s fruits et légumes, pain, produits laitiers, viande, œufs, miel, aromatiques et médicinales… La transition agricole et alimentaire est un combat qui peut et doit se mener à l’échelle locale.

Billet

Par Jeanne Legrain

Les circuits courts, mode de consommation marginal il y a quelques semaines, apparaissent au travers de la crise que nous traversons, comme réellement viables et porteurs de sens pour un nombre grandissant de citoyens. A l’échelle européenne comme localement, l’agriculture doit se réorganiser. Dépendre des importations de soja d’Amérique du Sud pour engraisser du bétail en Bretagne, chauffer des serres à tomates en hiver, autant d’exemples qui perdent définitivement tout sens.

 

Le rôle des politiques est de permettre un changement de paradigme complet. Pour autant, avec l’appui du gouvernement, les lobbies agricoles continuent à imposer des épandages de produits néfastes à la qualité de l’eau, de l’air et à la biodiversité.

À Concarneau, nous pouvons changer les choses par la création d’une ceinture maraîchère biologique, fournissant la cuisine centrale de la ville et garantissant une protection de l’eau sur le bassin versant. Préserver les espaces naturels, les ressources en eau, la qualité de l’air, celle des produits agricoles et garantir au maximum la sécurité alimentaire sont des actions qui vont au-delà de la qualité de vie. Elles engagent notre avenir.

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